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LE FC NANTES de 1943 Ă  aujourd'hui


LA GENESE

Nantes, avril 1943, dans l’arrière-salle du Café des Alliés, Place du Commerce, on complote. Ils sont six responsables d’associations sportives, réunis sous la houlette de Marcel Saupin, président de la Mellinet, à discuter ferme. Le but ? Donner un grand club de football à Nantes. C’est chose faite, dès lors que ces présidents décident de fusionner leurs différents clubs de quartiers : Saint-Pierre, ACBL, Batignolles, ASON, SNUC section football et Mellinet donnent naissance au FC Nantes, « association sportive à durée illimitée, ayant pour but de développer, par la pratique du football, les forces physiques et morales des jeunes gens et de créer entre tous les membres, des liens d'amitié et de solidarité »… C’est Jean Le Guillou qui en est élu Président, le SNUC abandonne sa place en division d’honneur et la Saint Pierre lui lègue ses meilleurs joueurs. Reste à en définir les couleurs. Le Guillou possède un cheval, dont la casaque jaune et vert pointe souvent dans le tiercé de tête. Ne cherchons pas plus loin !

Voilà donc le FCN qui s’installe à Malakoff, Aimé Nuic en est le premier entraîneur. Deux ans suffiront à hisser le club en seconde division et passer pro. Mais si des débuts prometteurs lui laissent envisager l’élite, le FC Nantes gambergera tout de même 20 ans à ce niveau.


LA DEUXIEME DIVISION

5èmes, 8èmes, les jaunes flirtent avec la première division. Mais rien n’y fait, ils glissent doucement vers le ventre mou, et l’anonymat, malgré l’embauche d’Emile Veinante comme entraîneur. Dès 1950, le FCN termine reléguable, mais l’absence de candidats au professionnalisme le sauve. Raab, Staho, Dupal, les entraîneurs défilent et Nantes ne décolle pas. L’ombre du géant Angevin plane sur Malakoff et vient même lui ôter ses atouts, comme son coach Michlowsky, qui abandonne le banc Nantais en pleine saison 1959-1960 pour rejoindre le Stade Jean Bouin et la D1. Désemparé, le Président Clerfeuille nomme alors un inconnu, qui a postulé par courrier : José Arribas.


L’ERE ARRIBAS

Durant 16 ans, cet immigré Basque présidera aux destinées du FC Nantes, lui inculquant des valeurs éternelles. C’est un soir de défaite que Monsieur Arribas révolutionne le jeu Nantais. Nantes revient de Boulogne les valises pleines (10-2), et l’entraîneur Nantais ne se fait pas d’illusion sur son avenir. Pourtant le Président Clerfeuille décide de laisser l’entraîneur entraîner. Arribas tire alors un trait sur le sacro-saint WM et instaure un jeu offensif, basé sur la rapidité. Le « jeu à la Nantaise » est né. Le miracle a lieu : le 1er juin 1963, Guillot et Boukhalfa font chuter Sochaux et expédient le FCN en première division, 20 ans après sa création. Au terme d’une lutte serrée avec les Verts de Saint Etienne, les jaunes terminent en seconde position. Malheureusement, Marcel Saupin s’est éteint le 10 janvier de la même année : il ne verra jamais son « enfant » accéder à son rêve.


D1 : LA MARQUE JAUNE

Une année d’apprentissage suffira au FC Nantes pour se faire les crocs. Dès sa seconde saison parmi l’élite, il décroche son premier titre de champion de France. Nous sommes en 1965, et déjà Budzinsky et Suaudeau sont de l’aventure. Accompagnés des Eon, Le Chenadec, Muller, et des buteurs Simon et Gondet, ils sont sacrés au soir d’une victoire sur Monaco (2-1). Dès la saison suivante, ils conservent leur titre, Gondet qui doit constituer l’arme des Bleus pour la Coupe du Monde Anglaise inscrit 36 buts. La marque jaune est apposée sur le football français. Au niveau Européen, l’apprentissage est plus difficile… Un troisième titre viendra auréoler le passage d’Arribas en jaune : en 1973, Bossis, Bertrand-Demanes et Angel Marcos alimentent le palmarès Nantais.

Mais une épine s’est fichée dans les chaussures Nantaises : la Coupe de France les bat froid. 1966 (Strasbourg), 1970 (Saint Etienne), 1973 (Lyon) sont autant de finales perdues. Par deux fois les Jaunes ont manqué le doublé, Dame Coupe a décidé de se faire désirer. Monsieur Arribas se retire pourtant avec les honneurs : 3 titres, un club structuré autour d’une identité propre, et une génération dorée de technicien en herbe, l’avenir est en marche.


UNE ETAPE FRANCHIE

Le Président Fonteneau nomme Jean Vincent, ancien professionnel du grand Stade de Reims, avec pour mission de ramener cette Coupe de France à Nantes. C’est d’abord un quatrième titre de champion qui tombe dans l’escarcelle du coach Nantais. Amisse, Denoueix, Bargas, Pécout, et le Capitaine Henri Michel dominent la saison 1976-1977.

Et en 1979, le Parc des Princes peut enfin applaudir les jaunes. Nantes remporte la Coupe, face aux Auxerrois de Guy Roux, alors promus en D1. Et pourtant, ce fût dur. Pécout avait lancé les jaunes sur la voie du succès, mais Serge Mésonès, leur bête noire avait égalisé. Il faudra des prolongations, obtenues par un sauvetage sur sa ligne d’Henri Michel, pour faire craquer les Bourguignons. Deux autres buts de Pécout, un de Muller, le capitaine peut serrer sa Coupe. Nantes a enfin conquis le signe indien. Il confirmera la saison suivante, sur la scène Européenne.

Au terme d’un parcours impeccable il atteint les ½ finales. Cliftonville explosé au premier tour (1-0 / 7-0), puis une démonstration face au Steaua en 1/8 (3-2 / 2-1) c’est enfin le Dynamo Moscou maîtrisé en ¼ (2-0 / 3-2). Lors de la demi-finale aller, Saupin en feu assiste à une victoire serrée face aux Espagnols de Valence (2-1). Malheureusement, la fièvre jaune est éteinte en Espagne, lors d’un match retour tragique (0-4).

Mais Jean Vincent se retire avec un beau bilan, d’autant plus qu’il conquiert un 5ème titre pour le FC Nantes, sacré champion sous l’impulsion des Amisse, Touré, Rampillon, Tusseau et consorts.


LE LOOK COCO

Vincent parti préparer le Mundial avec le Cameroun, le Président Fonteneau nomme un disciple d’Arribas. Jean-Claude Suaudeau, alors en charge des jeunes. Il voit débarquer un avant centre à la flatteuse réputation : Vahid Halilhodzic vient compléter un effectif reluisant. Dès 1983, un 6ème titre de champion vient décorer les vitrines jaunes. Halilhodzic, après une première saison difficile, inscrit 27 buts. Il rate malheureusement sa finale de Coupe de France face au PSG et Nantes passe encore à côté du doublé, malgré le but anthologique de Touré (2-3).

Seulement l’argent commence à couler à flot dans le football français, Nantes ne saisit pas les enjeux qui se trament, et se fait piller sans réagir. L’ombre de la Beaujoire, nouvel antre jaune construit pour l’Euro 84 est synonyme de vaches maigres. Le FC Nantes rentre dans le rang. Louis Fonteneau passe la main à un jeune président dynamique : Max Bouyer prend les rênes en 1986. Mais le ventre mou est le quotidien des jaunes. Suaudeau est renvoyé à la formation, et l’on fait appel à un coach venu de l’Est : Miroslav Blazevic.


LA DECADENCE

La voix stridente du Yougoslave dont l’écho inonde une morne plaine qu’est devenue la Jonelière scande la mort d’une tradition jaune. Nantes oublie ses valeurs, son jeu. Le FCN, devenu un club comme les autres, joue banalement, tourne le dos à ses jeunes Les recrues, inutiles et coûteuses, se succèdent. Sans succès, Nantes glisse, son public l’abandonne. Il y a bien quelques exploits soudains (Nantes – OM 1987 : 5-0), mais jamais Nantes ne revoit le soleil. Pire, sa situation financière se détériore de manière inquiétante. Il doit brader ses jeunes les plus talentueux (Deschamps notamment) aux clubs fortunés, dont l’OM justement, de Tapie. Le Président Bouyer tente bien de réveiller son club, en renommant Suaudeau à l’hiver 1991, mais malgré une 9ème place, le drame s’abat sur le club au mois de juin. Déficitaire de 60 millions de francs, Nantes est rétrogradé en D2 par la terrible DNCG. Max Bouyer tire sa révérence, et la Mairie doit trouver un sauveur.


SCHERRER ET LA RESURRECTION

Il s’appelle Guy Scherrer, industriel Nantais de la biscuiterie bien locale. Le trou est comblé, à coup de transferts. L’effectif est décimé. Mais Scherrer sait ce qu’il fait. Il obtient d’abord l’aval de la DNCG, Nantes reste en D1. C’est ensuite une vague de jeunes issus de la formation nantaise qui est propulsée dans le grand bain, sous la houlette d’un Coco Suaudeau lui aussi confiant. Les Loko, Pedros, Ouedec et consorts sont inconnus pour le moment, mais bien encadrés par Vullic et Naybet, trouvaille Marocaine ils vont faire exploser le foot français. Cette équipe de gamins, qui n’attirera que 8000 spectateurs en août 92 va faire chavirer la Beaujoire plus d’une fois. 5èmes en 92-93, après avoir été champions d’automne, ils obtiennent leur billet pour l’Europe.

Avant cela, les larmes auront coulé au Parc, pour une nouvelle finale de Coupe perdue face au PSG. Mais ils confirment la saison suivante, à nouveau en 5ème position, non sans avoir fait chuter le futur champion Parisien au bout de 27 matches sans défaites, par un sévère 3-0. L’ennemi intime est tout trouvé. L’OM relégué, Nantes est le caillou dans la chaussure Parisienne, la rivalité s’installe et marque le milieu des années 90.


LA DREAM TEAM

1994-1995 restera sans aucun doute l’un des plus grands millésimes jaunes. 32 matches sans défaites, un « tarif maison » quasiment inévitable (3-0), les Nantais font exploser tous les compteurs. A la Beaujoire, dès la 5ème journée, Loko et Pedros font chuter le Champion de France d’un but d’anthologie typiquement local. Le match retour au Parc monopolise toutes les attentions. C’est devenu le grand classique Français. Les stars parisiennes ronronnent, les attaques par presse interposées font monter la sauce. A l’arrivée, c’est Nantes qui fait son show dans un match où l’on aura tout vécu. Une victoire 3-0, et Nantes est sur les grands boulevards. L’un des meilleurs champions de l’histoire laisse une trace indélébile, seul Strasbourg à la Meinau l’aura fait chuter.



COCO PASSE LA MAIN

Malheureusement, cette équipe ne terminera jamais le travail. Privée durant l’été de Loko et Karembeu partis sous des cieux plus rémunérateurs, elle échoue en ½ finale de la C1 non sans avoir terminé par une victoire sur la Juventus. Coco Suaudeau sait que ses petits génies attirent les convoitises. 96-97 sera sa dernière année, mais personne ne le sait. Il aura été précédé de Guy Scherrer, qui après avoir remit le club à flot, annonce un surprenant retrait. Son successeur, est un ami : Jean René Toumelin. Nantes vit à nouveau une fin de cycle, en même temps qu’une saison étonnante. Reléguable, incapable de gagner un match durant 11 journées, le FCNA se réveille face à Nice (7-0) et enchaîne 30 matches sans défaites, pour se hisser sur la troisième marche. Coco s’en va avec les honneurs, et laisse son disciple Reynald Denoueix travailler à son tour avec les jeunes qu’il a formé. Il pourra compter sur un jeune gardien capitaine de 17 ans, lancé en début de saison par Suaudeau : c’est la naissance de la bande à Landreau.


LE DISCOURS DE LA METHODE

Le sourire discret, les lunettes sérieuses, l’allure effacée, Reynald Denoueix a tout du professeur. Les débuts seront difficiles. Les Monterrubio, Touré, Leroy font un difficile apprentisage du haut niveau. Mais l’homme est méthodique. Il construit son équipe, pièce à pièce, trace son chemin. Les jeunes sont vite encadrés, Fabbri et Sibierski rejoignent des gamins ambitieux. La D1 ne tremble pas vraiment, mais c’est le SDF, nouvel antre de la Coupe de France qui vibre pour le jeu Nantais. 1999, 2000, voilà les jaunes réconciliés avec Dame Coupe. Deux succès qui viennent récompenser Denoueix le Cartésien. 2001 sera la cerise sur le gâteau. Jean rené Toumelin s’est retiré, au profit de Kleber bobin. La SOCPRESSE a racheté le FCNA, l’investisseur tant attendu est enfin arrivé, l’avant-centre également, en la personne de Viorel Moldovan. Deux arlésiennes qui se matérialisent, et laissent présager le meilleur.

Pourtant c’est la soupe à la grimace en ce début de saison : un soir de déroute face à Bordeaux (0-5), la Beaujoire demande la tête de Denoueix. Elle recommencera aux soirs d’un triste 0-0 face à Lille, et d’une défaite devant Lyon (0-1). Mais le coach Nantais reste stoïque, et le miracle a lieu. Moldovan marque, Carrière se démarque, et Nantes enchaîne les victoires, au cours d’un automne enchanté. Les jaunes seront finalement sacrés champions de France, pour la 8ème fois de leur histoire, et au bout d’un sprint hallucinant avec les Lyonnais. Mieux : on annonce même l’arrivée dès le moi de mai de deux des meilleurs joueurs de L1. Nantes a de l’avenir…


UNE DIGESTION DIFFICILE

Pourtant, le soufflé retombe bien vite. Le champion ne gagne pas, ses stars Quint et André ne s’intègrent pas. Pire, son stratège Carrière fuit au dernier moment pour le nouvel ennemi intime : l’OL. La SOCPRESSE s’installe, et nomme Jean Luc Gripond, ancien administrateur de Prost Grand Prix. Pourtant, la Ligue des Champions offre quelques bouffées d’oxygène. Une victoire à Rome face à la Lazio porte la parole jaune aux confins de l’Europe. Premier de son groupe, dernier de Ligue1, Nantes vit en plein paradoxe. Son coach ne survivra pas, et trouve sous le sapin une lettre de licenciement qui tonne comme un coup de canon dans le landerneau du football français. Nantes vient de virer son entraîneur. Le nouveau Président Nantais nomme une ancienne gloire du club, l’Argentin Marcos s’assoit sur le banc à la reprise.


SOUS LE COMMANDEMENT MARCOS

Très vite, on expédie les affaires courantes. Sorti des deux coupes nationales, finalement éliminé d’un groupe compliqué au deuxième tour de la C1, le champion se bat pour un maintien, qu’il obtient haut la main. Mais la Beaujoire renâcle : Nantes ne joue plus à la Nantaise, on gagne en s’ennuyant. Le FCNA traversera 2002-2003 comme une ombre. Sans Europe, sans jeu, sans passion, englué dans le milieu de tableau, c’est dans une ambiance délétère entre joueurs et entraîneur que les jaunes arrivent au but à une triste 9ème place. La fête organisée à l’occasion des 60 ans du club, et de ses 40 ans parmi l’élite est teintée de rancoeurs. Présidents, joueurs, entraîneur, autant de clans qui minent un climat déjà bien lourd. 18 mois après sa nomination, Angel Marcos quitte les jaunes, sans autre fait d’arme que le maintien.

Puisqu’on réclame du jeu à la Nantaise, c’est Loïc Amisse, disciple à son tour de Denoueix qui prendra les rênes.


LA CULTURE DE LA CRISE

Le nouveau coach Nantais a pour but de ranimer les mouvements maison. Basé sur le 3-5-2 initié par son prédécesseur, il guide un effectif reluisant. Malheureusement, jamais le potentiel jaune ne s’exprimera. Défait en finale de la Coupe de la Ligue, en demi-finale de Coupe de France, il échoue aux portes de l’Europe. Pire : s’ouvre la saison des transferts, ses stars sont convoitées, alors même qu’il n’aura pas su en profiter. Le retour miraculeux de Moldovan n’aura duré que 3 mois, l’attaque inexistante est à reconstruire. Sa défense, seul point fort est visée par les grands de France et d’Europe. Armand, Yepes et les autres partiront sous d’autres cieux sans avoir jamais délivré tous leurs secrets. Entre un entraîneur qui ne fait pas l’unanimité, et une direction chahutée par les supporters, Nantes entrevoit une crise de croissance.


La saison 2004-2005 tourne au vinaigre. Amisse déçoit de plus en plus, et le groupe est amorphe. En décembre, coup de tonnerre : le capitaine Landreau signe dans France Football une sortie virulente contre Jean Luc Gripond et Loïc Amisse. Suspendu par la direction, le capitaine est soutenu par ses coéquipiers qui font grève. Le gardien est réintégré, mais la pierre est jetée dans le jardin d’Amisse, que le président Gripond finit par condamner à regret. C’est Serge Le Dizet, responsable du centre de formation et ancien concurrent d’Amisse à la succession de Marcos qui prend les rênes.


DANSE AVEC LA LIGUE 2

L’arrivée de l’ex-latéral droit, vainqueur de la Gambardella 2002 ne provoque qu’un léger choc psychologique. Le FCNA se redresse trop doucement pour ne pas trembler jusqu’au bout. Malgré l’éclosion de Claudiu Keseru, et le talent de la recrue hivernale Mamadou Diallo, les jaunes sont englués en fond de classement. Le spectre de 1999 refait surface, Nantes est menacé de relégation. Le mois de mai 2005 restera longtemps gravé dans les mémoires nantaises. Au soir de la 37è journée, les canaris sont 16è. Ils rendent visite à Sochaux, sans Mickaël Landreau blessé et remplacé par le jeune Thébaux. Ce dernier marque contre son camp dès la 10è minute. Sur les autres terrains, c’est la catastrophe : Metz, Caen, Bastia et Ajaccio réalisent tous un exploit. Le FCN est le seul club menacé à ne pas s’imposer, et plonge dans la zone de relégation, à une journée du terme. Les canaris n’ont plus leur destin en main, et statistiquement très peu de chances de se maintenir. Ç’en est trop pour les supporters qui veulent en découdre avec Jean Luc Gripond, présent à Bonnal. Raillés par les stadiers, ils franchissent les grilles et envahissent la pelouse. Une stadière est blessée. Le FCNA se retrouve un pied en L2 et montré du doigt pour la violence de ses supporters : deux grandes premières pour une sale soirée.


UN ETRANGE SOIR DE MAI

Le 28 mai, c’est l’union sacrée à la Beaujoire. La presse a publiée tout au long de la semaine les réactions des légendes du football nantais sur la situation du club. La nécrologie des jaunes est prête dans toutes les rédactions : ils ne peuvent pas s’en sortir. Car ils doivent s’imposer contre Metz et espérer une défaite simultanée d’au moins deux de leurs trois concurrents : Bastia qui se déplace chez des strasbourgeois n’ayant plus rien à espérer du championnat, Ajaccio qui reçoit un Sochaux revendicatif contre les jaunes, et Caen qui se déplace chez des istréens n'ayant gagné que 4 matches sur 37 ! A la Beaujoire, Diallo fait le boulot, sur un coup de boule à la 40è minute. Mais ça ne suffit pas à rassurer les supporters : Ajaccio a pris son match par le bon bout, et mène facilement contre des Sochaliens détendus. A Strasbourg, Bastia tient le match nul. Seul Istres semble pouvoir aider les jaunes, en menant contre Caen, ce qui est insuffisant. Pourtant, l’ambiance va d’un coup se détendre dans les travées de la Beaujoire : Strasbourg fait craquer Bastia dans les 10 dernières minutes (2-0), Istres assure contre Caen (3-2), et la victoire d’Ajaccio (3-1) n’aura donc pas d’effet : le miracle a eu lieu ! Quelques semaines plus tard, d’aucuns exprimeront un doute sur le scénario (trop beau) de la soirée du 28 mai 2005 : comment Strasbourg et Istres ont-ils pu trouver les ressources et la motivation pour battre deux équipes en lutte pour leur survie ? Les alsaciens ne pouvaient plus rien espérer, bien calés dans le ventre mou, et les istréens très faibles étaient condamnés à redescendre depuis longtemps. Le fait que les Provençaux sabrent le champagne à l’issue de la soirée, conjugué avec l’arrivée du richissime Dassault comme actionnaire principal de la Socpresse et donc du FCNA alimenteront un temps les suspicions. A Nantes, on ne s’en inquiète pas : c’est le grand ménage, et Dassault écarte Gripond de la présidence du club pour placer l’un de ses conseillers, Rudi Roussillon, un ancien joueur du Red Star et nantais d’adoption, amoureux des jaunes depuis sa plus tendre enfance.


LA METHODE ROUSSILLON

Roussillon est un passionné. Plus chaleureux que son prédécesseur, il promet beaucoup, et notamment le départ de Gripond, honnit par les supporters. Cette promesse ne sera tenue que deux ans plus tard… Mais le président du FCNA version Dassault est surtout trop passionné pour prendre du recul : il s’investit à fond dans le domaine technique. Serge le Dizet n’a pas grand chose à redire, c’est le président qui dicte la tactique. Les supporters, qui en sont encore à se remettre du miracle de mai 2005, croient rapidement à la rédemption. Les canaris débutent 2005-2006 en trombe, et occupent même la première place du classement après avoir humilié les Rennais chez eux (3-0). Las, Serge Le Dizet peine à extirper la substantifique moelle d’un groupe séduisant sur le papier, mais incohérent sur le terrain. Au soir de la 14è journée, les jaunes viennent se caler à la 15è place, et ne feront que peu de progrès, terminant 14è. Rudi Roussillon pense toutefois en avoir appris assez en un an. Et le voilà qui se lance dans une campagne de recrutement en solitaire ou presque. Assisté de Gripond, il court l’Europe pour dénicher des stars étrangères. Il faut déjà remplacer la légende Landreau : libre de tout contrat l’enfant du pays s’est exilé à Paris. Il faut également trouver un suppléant à un autre bijou du centre : Toulalan, parti à Lyon. Le gardien serbe Stojkovic et le milieu camerounais Saidou débarquent. Ils sont ensuite rejoints par un marocain, Boukhari, et une perle suédoise, difficilement arrachée à Anderlecht : Wilhelmsson. Ce dernier est précédé d’une flatteuse réputation et suivi d’une sulfureuse épouse. Roussillon impose ses choix, et sa tactique : Le Dizet doit caser ses recrues dans un 4-4-2 aux meneurs excentrés. La chimie ne prendra pas, Nantes démarre de travers, et se voit même partir droit dans le mur lorsque sa recrue serbe multiplie les bourdes dans le but. Heurtebis est appelé à la rescousse, mais ne fait pas mieux. C’est le drame, Landreau manque terriblement aux jaunes.


LA DIVA CHAUVE

L’ombre du FCNA promène sa misère sur les terrains de France : au soir d’une élimination en Coupe de la ligue contre Toulouse, Le Dizet se lève pour rentrer au vestiaire puis se retourne une dernière fois pour embrasser la Beaujoire du regard : il sait qu’il vient de passer sa dernière soirée sur le banc. Quelques jours avant, son adjoint, Georges Eo a fait acte de candidature dans la presse… signe que le collectif n’est plus vraiment de mise. Après que Dassault eût déclaré qu’il fallait virer l’entraîneur c’est la charge de trop. Roussillon cède et place Eo en première ligne. Face à Marseille, l’éternel adjoint lance Vincent Briand dans les buts. Le choc psychologique marche à plein. Le gamin se débrouille bien, et les FCNA s’impose. Mais la machine n’est pas relancée pour autant, et trois défaites viennent enfoncer de nouveau les canaris. Briand perd sa place, et Heurtebis reprend les gants. Mais Roussillon a une idée en tête : sortir Fabien Barthez de sa retraite. Les supporters nantais trouvent un champion du monde sous le sapin. Poussé dehors par l’OM et la confirmation de Carrasso, le divin chauve arrive pour vivre une dernière émotion : le sauvetage du FCNA. Très vite, il se fait une place de choix, c’est l’homme qui murmure à l’oreille du président. Eo en est rapidement victime, Barthez déplorant l'absence de mise en place tactique la veille des matches. En janvier, il est démis de ses fonctions, et Roussillon rappelle un homme qui lui avait beaucoup plu : Michel Der Zakarian qui s’était occupé durant l’été des « lofteurs », ces joueurs en trop, symbole du recrutement non contrôlé du FCNA, plus apte à brasser les contrats qu’à constituer une véritable équipe. Assisté du directeur sportif Japhet NDoram, « Der Zoum » débute en Ligue 1. Mais rien n’y fait, les jaunes traînent leur misère, et ne décollent pas du fond du classement. On voit mal comment le miracle de mai 2005 pourrait les aider. Barthez lui-même sent le vent tourner, et cherche l’échappatoire. C’est la venue de Valenciennes qui va le convaincre : humilié par les nordistes, le FCNA s’incline 5-2 devant son public. Le divin chauve n’est pas exempt de reproches. Et même s’il brille une semaine plus tard au Vélodrome, son comportement agace. Hors du groupe en toute circonstance, le divin devient diva. Lors de la venue de Sedan, match décisif de la 30è journée, la diva détourne dans ses buts un centre de Ducourtioux. 20 minutes plus tard il prétend une blessure, et quitte la pelouse, puis le stade. On ne le reverra plus. Roussillon prétend qu’il a été agressé par des supporters à l’issue du match, tous les témoignages indiqueront le contraire, et la Porsche laissée à la Jonelière ne porte aucun stigmate.



L'EFFONDREMENT DE LA MAISON JAUNE

La saison se terminera sans lui : contrat rompu à l’amiable. Heurtebis prend le relais, pour la troisième fois de la saison. En réalité, plus rien ne peut être fait pour aider les jaunes. C’est en coulisse que tout se passe. On découvre que les finances du club sont en mauvais état, que les conseillers de Dassault l’ont dissuadé de déposer le bilan de ce club historique et très populaire, et que la revente ne saurait tarder. Le 09 mai 2007, le FCNA s’impose à Bordeaux, au terme d’une belle performance collective. Pourtant, les larmes coulent sur les joues nantaises : désormais trop en retard sur l’OGC Nice, premier non reléguable, les jaunes sont mathématiquement en Ligue 2. Etrangement, cet évènement historique ne provoque pas de raz de marée médiatique. La chute du FCNA aura été tellement pathétique, que nul n’a encore assez de larmes au soir du jugement dernier. A part peut être les supporters, derniers fidèles au chevet du club, et qui provoquent la colère de Dassault pour le forcer à revendre. Introduction au conseil municipal de Corbeil dont il est le maire, à l’assemblée générale de Dassault Systèmes, puis envahissement de la pelouse durant Nantes – Toulouse : les supporters du FCNA harcèlent Dassault. Il se décide à se débarrasser du bébé encombrant et bruyant. Luc Dayan est nommé administrateur général, chargé de préparer la Ligue 2 et de trouver un repreneur.


A VENDRE

Dayan est un spécialiste du genre. Déjà appelé à la rescousse de nombreux clubs, dont l’OGC Nice, c’est un homme de chiffres qui connaît le milieu. Dans un premier temps il s’attache à ramener le calme, et rassurer les supporters. Puis il doit rendre le FCNA attrayant pour de potentiels acheteurs. Pour ce faire, il débauche Xavier Gravelaine, ancien de la maison, qui avait dejà managé Istres, en remplacement de NDoram. Le bouillant gaucher mène une large revue d’effectif, parvient à retenir Frédéric Da Rocha poussé dehors par Roussillon et dragué par le PSG et Reims. Il multiplie les prêts pour alléger la masse salariale et vise les joueurs libres et revanchards, comme Goussé et Maréval, au chômage, Shereni qu’il a connu à Istres, ou encore le capitaine amiénois De Freitas. Autant de paris qui laissent perplexes. Gravelaine présente également Baptiste Gentili à Michel Der Zakarian qui trouve en l’ancien coach d’Ajaccio un solide adjoint. De son côté Dayan qui n’exclue pas de racheter le club examine les offres. Deux d’entre elles semblent tenir la corde : Michel Moulin, PDG de Paru Vendu qui s’essaiera ensuite sans succès auprès du PSG, et Waldemar Kita associé à Alain Florès, ancien directeur général sous Guy Scherrer. De leur côté, Jean Marc Gonon, ancien arbitre international et Christian Karembeu se plaignent de ne pas être pris au sérieux, et de ne pas bénéficier de la même couverture médiatique. Leur solidité financière ne semble pas convaincre Luc Dayan. Ce dernier met finalement Waldemar Kita en relation avec la banque d’affaires de Dassault, le rachat sera finalisé d’ici la fin août.


UN CLUB DE L1 EN L2

Pendant ce temps, le boulot a commencé à la Jonelière. La saison sera tristement historique : le FCNA évoluera en Ligue 2. Mais très vite, avec les déclarations d’intentions des diffuseurs (Eurosport et Noos), et le battage médiatique autour des jaunes, le FC Nantes se rend compte que la Ligue 2 lui sera hostile. Au soir de la première journée de championnat, la Beaujoire est pourtant pleine à craquer pour la réception de Reims. Et dans une ambiance des grands soirs, sous l’œil des caméras, le FCNA régale et assome d’entrée de jeu le championnat : une victoire 5-0 qui révèle un duo de buteurs, Bagayoko – Goussé. Las, en coulisse, on couve encore quelques remous : les médias annoncent déjà Michel der Zakarian sur le départ, prêtant à Waldemar Kita l’intention de le remplacer par Papin. Mais les jaunes continuent sur leur lancée et trustent les premières places durant un été prolongé. Un rival, pourtant, semble déterminé à se mettre en travers le chemin jaune : Le Havre s’accroche, puis finit par passer devant. L’hiver est rude, et les jaunes ont perdus de leur superbe. Le jeu s’étiole, mais le FCNA qui perd son « Atlantique » au premier janvier en gagnant un nouveau logo s’est simplement plié aux exigences de la Ligue 2. Le réalisme avant tout. La Beaujoire s’ennuie, mais Nantes gagne et décroche son billet retour pour l’élite, abandonnant le titre de champion aux Normands bien supérieurs en qualité. Michel der Zakarian et Baptiste Gentili ont ramené le club à sa place, durant une saison compliquée, ou leur travail aura sans cesse été remis en question, et leur place toujours menacée par la rumeur. Il faut dire que le président Kita ne garde pas les deux pieds dans le même sabot.


LE STYLE KITA

Waldemar Kita ne laisse pas indifférent. Le costume en jette et la coiffure est impeccable. L’homme est assurément un battant qui ne laisse rien au hasard. Ancien PDG de Cornéal SA, qu’il a créé, amené en bourse puis revendu pour 170 millions d'euros à Allergan, géant américain du cosmétique, qui commercialise le fameux Botox, c’est un passionné de football qui partage avec Rudi Roussillon un passé de joueur amateur. En 1999, déjà, il avait approché le club nantais. Mais sa société ne lui offrait alors que peu de surface financière, et c’est le projet Socpresse qui avait été retenu. Peu importe, le franco-polonais avait alors investit à Lausanne Sports, qu’il emmènera en Coupe UEFA. Il reviendra d’ailleurs, pour l’occasion à la Beaujoire lors d’un superbe match au cours duquel Javier Mazzoni se rappellera au bon souvenir des canaris (4-3). L’histoire avec le club Suisse se terminera malheureusement dans la douleur. Multipliant les transferts, le LS dépense sans compter. Kita se retire, et un an plus tard le club dépose le bilan et repart en Ligue Régionale. Une tâche qui restera sur le CV de l’homme d’affaires, considéré par beaucoup comme responsable, et ce malgré ses dénégations. A Nantes, Kita dit avoir tiré les conséquences de ce premier échec. Il rappelle toutefois sa garde rapprochée Lausannoise : Claude Robin, le directeur général, et Christian Larièpe le directeur sportif. Le premier est un ancien joueur du club, le second avait rebondit à l’OM. Les canaris lancés sur la route de la Ligue 1, Kita imprime son style, relooke le club, installe ses hommes. Alain Florès part pour cause de profonds désaccords, et Pascal Praud arrive pour compléter l’organigramme. A la fin de la saison, alors que Nantes fête son retour parmi l’élite, Kita a déjà abattu un gros travail de fond. Il lui reste à recruter du clinquant, car le FCN est de retour en Ligue 1.


UN RETOUR EN SOUFFRANCE

On le croyait mort, le FCN n’aura dormi qu’une saison. La Ligue 1 retrouve un de ses plus illustres élèves, mais aussi l’un des plus turbulents. L’intersaison jaune n’est pas de tout repos. Kita cherche à chapeauter Michel Der Zakarian qu’il a, à regret, promis de prolonger en cas de remontée. Henri Michel refuse, presque un an après Jean Pierre Papin. Par contre, du côté des joueurs, les affaires vont bon train : Michel Gravgaard, Guirane NDaw et la star Croate qui brille à l’Euro, Ivan Klasnic, rejoignent un effectif pléthorique, que Nantes peine à dégraisser. Le marché nantais a belle allure, et déjà on annonce les jaunes de retour. La douche froide n’en sera que plus sévère. Nantes cale, ses recrues ne brillent pas. Der Zakarian est limogé au bout de trois journées, Alain Perrin refuse lui aussi le poste. C’est Elie Baup qui accepte la mission délicate de redresser un club bien mal engagé, sans projet de jeu. Le tout dans une ambiance délétère d’opposition farouche des supporters à la politique de Kita. Nantes fait un retour très nerveux parmi l’élite.

Elie Baup se rend vite compte qu’il écope un authentique Titanic footballistique. Aux récurrents problèmes offensifs des canaris, s’ajoute la suspension de Bagayoko pour six semaines, qui va plomber un peu plus les canaris. Malgré l’éclaircie d’une victoire de prestige contre Lyon avec un doublé de Klasnic, les canaris qui passent la première partie de saison dans le rouge ne sortent la tête de l’eau en janvier / février que pour mieux rater tous les virages qui suivent. Ils plongent dans la zone de relégation au cœur d’un printemps pourri où la Beaujoire grogne. Jérôme Alonzo compte les points de la bataille rangée que se livrent Kita et les supporters, constatant que « ceux-là ne s’entendront jamais ».
Relégués logiquement, les nantais se payent une nouvelle crise de nerfs. Da Rocha limogé sans aucun égard malgré son statut se déchaînera contre Kita, comme le peuple jaune qui gâche le dernier match à domicile face à Auxerre. Sans tambour ni trompettes, le FCN retourne dans l’antichambre, et personne ne s’en plaint. Entre les déclarations insultantes de Pascal Praud et de Christian Larièpe sur certains adversaires (les valenciennois traités de « pompes à vélo » et Grenoble considéré comme condamné à la relégation avant même le début de saison) les incidents dans les stades et les polémiques permanentes, le FC Nantes a pourrit la saison de Ligue 1…

BANDEROLES ET BANDERILLES

Gernot Rohr, symbole Bordelais du béton et du jeu dur, qui s’installe dans le bureau de Coco Suaudeau, voilà qui ne pouvait pas plus mal commencer. Vécue comme une humiliation supplémentaire, la nomination de l’allemand aux références trafiquées (il annonce à tort avoir été meilleure attaque du championnat avec l’OGC Nice) crispe un peu plus la tension autour du club. Et ce malgré le départ de Larièpe, et un excellent début de championnat où les canaris dopés par un Klasnic surdimensionné pour la L2 s’installent rapidement en haut du tableau. Le sulfureux Gilles Favard remplace Larièpe dans le viseur des supporters, et la nomination du défensif Bonnevay à la place de l’historique Guyot au centre de formation achève de nourrir la colère du peuple jaune.
C’est la saison des banderoles : celles censurées des supporters, arrachées par les stadiers, et celles brandies par le staff en réponse. Klasnic trouve un point de chute à Bolton, Darcheville arrive en poids lourd pour épauler NDiaye et Zerka dans une équipe largement remaniée. Jusqu’en octobre, la barque jaune glisse sur les flots de la Ligue 2 avec un cap maintenu pour l’élite. Mais très vite, les illusions vont tomber. Une seule victoire en deux mois, et Rohr, malgré l’ultime mascarade d’une banderole de soutien en réalité rédigée et tendue par son fils doit plier bagage. Furlan arrivé début décembre tente de lancer quelques jeunes, mais dans un climat peu propice au travail il ne tient que trois mois. Gentili revient aux affaires pour sauver les meubles, il freine à peine la chute des canaris qui terminent 15è.

UN COUP DE JAUNE

Après être parti à l’excès dans l’anti nantais, Waldemar Kita décide de revenir aux produits locaux. Gilles Favard conduit une véritable opération dégraissage, avec 23 départs, puis 3 au mercato d’hiver. Les jeunes issus du centre comme NDy Assembe, Carole, Sasso, Négo ou Vainqueur s’installent dans l’équipe. Un centre José Arribas désormais dirigé par Fenillat - qui remplace Bonnevay – et alimenté de Stéphane Ziani et Loïc Amisse qui reviennent aussi aux affaires. Mais à la tête de l’équipe première, Gentili montre ses limites, Nantes est embourbé dans le ventre mou, et le technicien Corse se retire, laissant encore un ancien, Philippe Anziani, terminer la saison en roue libre. 13èmes malgré les révélations Djordjevic et Rodelin, les canaris voient leurs efforts en terme de formation ruinés par la trahison de Carole, parti libre au Benfica, puis Négo qui fuit vers la Roma. Mais les lendemains s’annoncent meilleurs : Guy Hillion, symbole des grandes années Nantaises remplace Gilles Favard, et choisit Landry Chauvin, ex formateur Rennais, disciple du jeu offensif, pour remplacer Anziani.

LA RECHUTE

Assagit, le FCN est également amaigrit. Avec le duo Franck / Waldemar Kita qui chapeaute le travail technique d’Hillion, appuyés par un Ziani en courroie de transmission, les canaris évoluent dans un contexte plus sain. Le recrutement semble raté, avec les échecs retentissants de Dalé et Mandrichi, mais le travail remarquable du nouveau préparateur physique Stéphane Wiertelak porte vite ses fruits. Fabrice Pancrate et Vincent Bessat explosent littéralement durant l’automne, et redonnent des ailes au jeu nantais. Appuyé par l’expérimenté Wiltord, Filip Djordjevic signe une saison passable et voit éclore une authentique surprise en la personne de Raspentino, déniché à Agde en CFA. Au milieu, les révélations Trébel et Veretout sont cadrées par deux joueurs prêtés, NGoyi et Krychowiak, le second venant épauler le premier écopant d’une lourde suspension. Le soleil semble pointer son nez au-dessus de la Beaujoire… mais l’orage n’est jamais loin pour doucher l’enthousiasme naissant. Le FCN retombe dans une crise de nerfs dont lui seul a le secret.
Il y a d’abord l’incapacité chronique et stressante de l’équipe à monter sur un podium qui lui tend les bras. Ancrés à la 5è place, les canaris ratent toutes les (nombreuses) occasions de prendre place dans l’ascenseur.
Il y a ensuite cet incroyable chassé croisé Hillion / Ziani. Avant même que la saison ne débute, le second avait lâché prise accusant le premier d’individualisme. Hillion lui faisant écho dès le lendemain, laissant Landry Chauvin seul avec Kita père et fils ! Puis Ziani était revenu pour occuper seul le poste avant de lâcher à nouveau prise fin août.
Il y a enfin et surtout un climat délétère qui s’installe entre Waldemar Kita et Landry Chauvin. Le premier reprochant au second un manque de psychologie avec les jeunes et une incapacité à faire monter en L1 une équipe qui en a le niveau. Le refus de Raspentino, révélé au FCN, de signer son premier contrat pro avec les jaunes pour rejoindre son rêve Marseillais finit d’achever l’enthousiasme, et Nantes termine la saison à une triste 9è place. En juin, Hillion, Ziani, Krychowiak, NGoyi, Raspentino et Chauvin, symboles de la réussite Nantaise sont déjà partis sous d’autres cieux, emmenant avec eux l’espoir de lendemains meilleurs.

LE RETOUR DE « DERZAK »

Waldemar Kita et son fils se retrouvent seuls aux commandes d’un club qui n’a plus ni recruteur, ni directeur sportif, ni entraîneur. Habitué aux fins de non recevoir, Kita ne tergiverse pourtant pas sur le successeur de Landry Chauvin. L’ex-sedanais désormais à la tête du Stade Brestois officialise son arrivé sur la rade le 31 mai. Dès le lendemain, Waldemar Kita annonce le nom du premier entraîneur qu’il ait le loisir de choisir en personne depuis qu’il a pris les commandes du club. Surprise, c’est Michel Der Zakarian, victime d’un licenciement au bout de 3 journées en 2008 qui renoue avec la famille Kita. Désormais débarrassé des intermédiaires qui lui avaient savonné la planche à l’époque, celui qui avait rebondit à Clermont avec une étonnante réussite loue le fonctionnement simplifié du club. Waldemar Kita en actionnaire parisien, son fils Franck en Directeur Général au club la semaine, et lui. Le triumvirat semble fonctionner, sans amertume.

UNE EQUIPE A SON IMAGE

Michel Der Zakarian met sur pied une équipe taillée pour la Ligue2, qu’il connaît bien pour l’avoir pratiquée en 2007-2008, mais aussi depuis 3 ans à Clermont. Solide en défense, rapide en contre, le FC Nantes se met rapidement en ordre de marche, dans une L2 relevée où le richissime AS Monaco fait figure de favori, devant les ex de Ligue 1 que sont Lens, Caen, Auxerre ou Dijon. Un homme semble profiter à plein du retour de « MDZ » : Filip Djordjevic, déjà brillant lors du premier passage du coach à Nantes semble avoir lié une relation particulière avec lui. Son début de saison l’atteste. Avec deux doublés en août, il place Nantes dans les starting blocks, puis réalise une série de 6 matches consécutifs où il marque au moins une fois, calant les jaunes dans le sillage de Monaco. Renforcé au mercato par une trouvaille Vénézuélienne du nom d’Aristeguieta, le FC Nantes paraît inébranlable, d’autant plus qu’il s’est quelque peu réconcilié avec ses supporters, conscients que la fenêtre s’est ouverte vers une remontée du club, et qu’il faut capitaliser. Au fil des déplacements, ils sont toujours plus nombreux à pousser derrière les jaunes, et remplissent abondamment la Beaujoire. Même les nuages noirs qui pointent à nouveau sur la Jonelière début 2012 ne douchent pas leur enthousiasme.

LA CRISE MAIS PAS QUE

Car il est écrit que le FC Nantes version Kita ne vivra jamais longtemps sans remous. Sur le terrain, l’équipe doute, est prise par la peur de gagner, et joue avec le feu alors que derrière, les prétendants au podium que sont Angers, Guingamp et Caen se rapprochent dangereusement. En coulisse, l’affaire Bangoura éclate, et le FC Nantes accusé d’avoir poussé le joueur la saison précédente à rompre unilatéralement son contrat avec Al Nasr Dubai est sanctionné de deux périodes d’interdiction de recrutement. Malgré tout, le club se concentre sur la montée, qu’il gagne au soir d’un match tendu face au Sedan de Laurent Guyot, sans briller mais se montrant d’une solidité dont il a fait sa marque. En coulisse les avocats du club obtiennent un sursis, et les canaris peuvent préparer leur retour dans l’élite. Waldemar Kita semble avoir retenu les leçons de 2008. Le FC Nantes mise sur la stabilité de son effectif, un recrutement peu onéreux et par petites touches, et la confiance inaltérable vis-à-vis du travail du staff à moyen terme. L’exact inverse de la précédente montée, avec l’espoir d’un maintien rapide. Pas vraiment du goût des observateurs, cela dit, puisque la presse semble unanime pour placer ce FC Nantes 2013-2014 dans la charrette.

 

 

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